Méthode de reproduction des rats

Il existe plusieurs méthodes de reproduction des rats qui peuvent être utilisées par l’éleveur qui cherche à travailler ses lignées. Lorsque l’objectif est de développer l’état de santé, la longévité et le tempérament, il est possible d’utiliser une des trois méthodes suivantes : les reproductions consanguines, les reproductions de lignée et les croisements.

Les lignées de rats

Une lignée de rat est un ensemble d’individus descendant des mêmes ancêtres. Une lignée commence généralement par un unique couple de reproducteur.

Développer une lignée prend du temps, voire des années. Les reproductions sont majoritairement faites entre individus du même arbre généalogique (individus plus ou moins éloignés). S’il est possible de faire des croisements (en prenant un reproducteur externe à ladite lignée), une trop grande inclusion d’individus externes dans l’arbre ne conduit pas à ce qui peut être défini comme une lignée.

Les croisements peuvent être utilisés pour renforcer ou ajouter un trait à une lignée. Mais pour garder la définition d’une lignée, il faut ensuite que ces descendants continuent de se reproduire de manière consanguine avec des membres de la lignée.

Le croisement des animaux dont les descendants sont également croisés avec des animaux externes à la lignée conduit au développement d’une lignée relative ou sous-lignée, générant ainsi une nouvelle lignée ou branche.

Le lignage est un terme qu’utilisent les éleveurs pour dénoter une famille de rats consanguins qui commence avec un unique ascendant ou un couple fondateur de rats. Le lignage est réalisé en faisant se reproduire des rats très proches (frère/soeur) ou des individus moins proches (tante/neveu, oncle/nièce, cousin/cousine, grand-parent/petit-enfant).

Les éleveurs utilisent la reproduction consanguine pour fixer certains traits ou pour éliminer des traits négatifs. Il est alors important de ne pas reproduire deux individus portant le même trait négatif, afin de ne pas le fixer dans les descendants. Le travail d’une lignée s’appuie sur la santé des individus, leur tempérament, les caractéristiques physiques. Il s’agit d’un pairage intelligent des rats afin de développer une lignée de bonne qualité. De fait, reproduire anarchiquement des individus d’une même lignée ou reproduire des individus par sentimentalisme, ne conduit pas à une lignée fiable.

Consanguinité chez les rats

Les reproductions consanguines sont utilisées depuis des siècles pour fixer, développer ou supprimer des traits particuliers.

Lorsque deux rats inconnus, ou deux rats de différentes lignées connues, se reproduisent, la portée peut sembler robuste et sans tares génétiques.

Un gène est représenté par deux allèles, l’un est donné par la mère et l’autre par le père lors de la fécondation de l’ovule par le spermatozoïde. Le gène déterminant la forme et l’emplacement des oreilles peut ainsi être composé de l’allèle "dumbo" et "normal". Dans ce cas précis, l’allèle dumbo est récessif alors que l’allèle déterminant une position et forme normale des oreilles est dominant. De fait, un rat portant les allèles dumbo/normal ou normal/normal aura des oreilles normales. Dans le premier cas, un des parents a donné un allèle codant pour des oreilles dumbos. Le génotype du rat possédera donc bien un allèle dumbo, mais comme il est récessif, il ne s’exprimera pas dans son phénotype (apparence). Un tel rat produit 50% d’ovules ou spermatozoïdes portant l’allèle Dumbo et 50% d’ovules ou spermatozoïdes portant l’allèle normal. Si on souhaite obtenir un rat dumbo, il doit recevoir deux allèles dumbos : un de sa mère, un de son père. Deux parents porteur dumbo (un allèle dumbo, un allèle normal), donneront environ 25% de dumbo/dumbo, 50% de porteur dumbo, et 25% de normal/normal.

Du fait de la récessivité de certains allèles, il est parfois intéressant de reproduire un frère et sa soeur, ou un enfant et son parent, pour forcer l’expression des allèles récessifs (reproduction-test). Les éleveurs utilisent cette technique pour s’assurer que les lignées sont robustes et ne portent pas d’allèle récessifs délétères.

Dans le cas de ces reproductions-test, il arrive que la descendance déclare des problèmes génétiques. Il est néanmoins important de tester ponctuellement ce genre de reproduction pour évaluer la qualité d’une lignée et pour l’arrêter si des problèmes sont révélés par cette technique.

Sans ce genre de reproduction-test, les traits récessifs négatifs risquent de rester cachés et d’être perpétués au fil des reproductions jusqu’à qu’ils refassent surface plus tard, dans une population au pool génétique plus large.

Tolérance à la consanguinité des rats

Chaque espèce à sa propre tolérance au degré de consanguinité. Dans certaines situations, par exemple chez les espèces en voies d’extinction, la consanguinité peut être désastreuse.

Chez certaines populations de mammifères, un fort coefficient de consanguinité peut conduire à une dépression endogamique (ou dépression de consanguinité). Cela est causé par l’apparition de caractères récessifs délétères, mais également par la superdominance d’allèles hétérozygotes dans une population à nombreux génotypes homozygotes, même s’ils ne sont pas délétères. Au final, cela conduit à un pool génétique pauvre, plus de risques de déclarer des maladies génétiques, une plus faible fertilité et des déficiences du système immunitaire.

En ce qui concerne les rats, le quotient de consanguinité de sécurité est relativement élevé. En laboratoire, une lignée n’est pas considérée comme consanguine avant la 20ème génération. Les lignées de laboratoire sont souvent réalisées en reproduisant des frères et soeurs à chaque génération, car il est important, en recherche, d’avoir des rats sains qui soient le plus génétiquement identique possible.

Croisements de rats

Les croisements servent à introduire des traits manquant dans une lignée. Les gènes dominant, comme le rex, apparaîtra dès la première génération. Mais les gènes récessifs, comme celui des oreilles dumbo ou les dilutions de couleur, apparaîtront typiquement lors de la seconde génération  si les descendants de ce croisement (qui portent donc le trait mais ne l’expriment pas) sont reproduits avec leur parent porteur (qui exprime le trait souhaité et est donc homozygote) ou si les frères et soeurs sont reproduits ensemble.

Un gène homozygotes est composé de deux allèles identiques (i.e. dumbo/dumbo, normal/normal).
Un gène hétérozygote est composé de deux allèles différents (i.e. dumbo/normal).

Objectif des croisements

  • Modifier la couleur : le pelage d’un rat peut être altéré en le reproduisant avec un rat d’une couleur différente, puis en reproduisant les descendants avec le parent externe.
  • Modifier la structure physique : les croisements peuvent être utilisés pour améliorer les yeux ou les oreilles (forme, placement, taille). Ils sont également utilisés pour travailler la taille, forme, longueur du corps, de la tête ou de la queue.
  • Ajouter ou modifier les marquages du pelage : reproduire vos rats avec des individus présentant d’autres marquages permet d’ajouter ou améliorer ce trait dans votre lignée.
  • Tempérament : il est difficile de juger de l’intérêt des croisements pour améliorer le tempérament des rats. En effet, il est parfois difficile de juger si des problèmes de tempérament sont environnementaux ou génétiques. En général, il est recommandé de ne pas reproduire un rat agressif.
  • Problèmes de santé : les croisements peuvent être utilisés pour améliorer la vigueur d’une lignée qui est consanguine depuis de nombreuses générations et dont les petits tendent à être moins nombreux voire plus faibles qu’auparavant. Cela peut également permettre de se séparer de traits médicaux particuliers, comme une tendance aux tumeurs ou au mégacolon. Comme la majorité de ces traits médicaux ont des bases génétiques, réaliser un croisement ne permet pas toujours d’éliminer le problème. Ce dernier peut être masqué mais perpétué dans la lignée.