oct. 7

Une association souhaite "arrêter le massacre" des rats à Paris

Dimanche 7 octobre 2018, 19:02 Julie
L’association Paris Animaux Zoopolis lance un campagne pour dénoncer ce massacre

L’association Paris Animaux Zoopolis lance un campagne pour dénoncer ce massacre

Depuis fin 2016, la mairie de Paris a lancé un vaste plan doté d'un budget de 1,5 million d'euros pour éliminer les rats : fumigènes, appâts, produits anticoagulants, raticides, nasses, gaz carbonique, stérilisation, applications ou encore pièges au Pastis, la capitale ne manque pas d'idées pour éradiquer les rongeurs. 

Considérés comme une "urgence sanitaire" par les élus, les rats, présents dans le métro, les rues et les parcs parisiens, inquiètent. Une habitante témoigne : 

"La nuit c’est Rat land, ils sont chez eux. Ils se baladent librement entre le cinéma, les restaurants et les rues aux alentours. Impossible de les louper !"

Le nombre d'interventions de la mairie a pourtant considérablement augmenté : 5000 de janvier à juillet 2018 contre 1700 pour la même période un an plus tôt. 

Des interventions qui déplaisent à l'association Paris Animaux Zoopolis, qui souhaite se battre pour l'intérêt de tous les animaux sans distinction et dévoile ainsi une vaste opération d’affichage dans les couloirs et quais de la RATP, ce jeudi, afin "d'arrêter ce massacre".

https://twitter.com/ParisZoopolis/status/1047572536391868421

Philippe Reigné, co-fondateur de Paris Animaux Zoopolis, explique :

"L’idée de cette campagne est de casser les clichés que peuvent avoir les Parisiens. Les rats ne sont pas une menace, ils ne sont pas sales, ni dangereux. Ils ont le droit de vivre."

Le but de cette opération est aussi de s’opposer à la politique de dératisation de la ville et de la préfecture de police :

 "Leur argument de santé publique est erroné. C’est de l’hypocrisie institutionnelle. En fait, ils tuent les rats uniquement pour des raisons d’image. Mais ils reviendront et sont de plus en plus résistants."

Les experts évaluent le nombre de rats à Paris à près de quatre millions, cette recrudescence s’explique par l’augmentation des déchets alimentaires et les crues de la Seine qui ont poussé les rats à sortir des égouts, selon la mairie. 

Mais pour Philippe Reigné, la réalité est toute autre : 

"Avant ils étaient dans les souterrains, maintenant ils sont à la surface. Notamment à cause des vibrations des nombreux travaux du Grand Paris. Il faut vivre avec et nous pouvons nous en accommoder. Partageons la ville avec les rats, pas nos appartements, mais la ville n’est pas réservée aux humains."

Une idée partagée par Pierre Falgayrac, expert en hygiène et sécurité. Selon lui : 

 "L'extermination d’une espèce qui était présente avant nous sur Terre… Non seulement c’est impossible, mais en plus non souhaitable, vu leur utilité. Les rats mangent 25 grammes de déchets par jour. Chacun d’entre eux nous débarrasse donc de 9 kg de déchets au cours de sa vie (1 an)."

 

Référence

Lescurieux, R., (2018). Paris : «Arrêtons le massacre et partageons la ville avec les rats», clame une association. Repéré sur 20 minutes.

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