juil. 27

Un mur entre le Mexique et les États-Unis menace la biodiversité

Vendredi 27 juillet 2018, 17:54 Julie
Le mur de Trump serait "un crime contre la biodiversité"

Le mur de Trump serait "un crime contre la biodiversité"

Mardi 24 juillet, dans la revue scientifique BioScience, 2700 chercheurs ont souhaité avertir la population : plus de 1000 espèces d'animaux seraient sérieusement menacées si le mur voulu par Donald Trump est construit tout le long de la frontière entre les États-Unis et le Mexique.

Le loup du Mexique, le mouflon d’Amérique et l’antilope de Sonora verraient par exemple leurs populations séparées par ce mur. Les jaguars et les ocelots, qui n’ont qu’une très faible population en territoire américain, seraient eux, menacés d’extinction.

Selon les scientifiques :

"La construction de clôtures et de murs au cours de la dernière décennie et les efforts déployés par l'administration Trump pour ériger un mur frontalier continu menacent certaines des régions les plus diverses, biologiquement, du continent. Les sections du mur déjà construites réduisent la superficie, la qualité et la connectivité des habitats végétaux et animaux, et compromettent plus d'un siècle d'investissements binationaux dans la conservation. L'attention politique et médiatique (...) sous-estime ou dénature souvent le tort causé à la biodiversité."

Pour des animaux dont les populations sont fragmentées, il est très difficile pour eux de s'alimenter, s'hydrater ou de trouver des partenaires pour s'accoupler, ce qui augmente considérablement le risque d'extinction. Toujours selon les scientifiques, dans cette région frontalière, une soixantaine d'espèces sont déjà "listées comme étant en danger critique d’extinction, en voie de disparition ou vulnérables par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN)".

Pour Paul Ehlrich, professeur à l'université de Stanford, nous pouvons même parler de "crime contre la biodiversité".

Les chercheurs demandent donc aux autorités américaines de concevoir des barrières permettant aux espèces dites "vulnérables" de passer autant que possible d’un côté et de l’autre. Mais aux États-Unis, depuis 2005, une loi donne au département de la Sécurité intérieure le droit de lever des protections telles que la loi sur les espèces en danger, s'il juge qu'elles peuvent ralentir la construction du mur.

 

Référence

AFP, (2018). 2700 scientifiques américains contre le mur de Trump, menace pour la biodiversité. Repéré sur Sciences et avenir.

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