nov. 5

Triste constat pour la population d'animaux sauvages

Lundi 5 novembre 2018, 09:41 Julie
La Terre a vu sa population d'animaux sauvages décliner de 60%

La Terre a vu sa population d'animaux sauvages décliner de 60%

Selon le Fonds mondial pour la nature (WWF), la faune mondiale est en déclin. Sous la pression humaine, les populations de vertébrés sauvages ont décliné de 60% entre 1970 et 2014. Ce triste constat concerne tout le globe, avec des régions particulièrement affectées, comme les Tropiques. Pour le directeur du WWF : 

"Préserver la nature ce n'est pas juste protéger les tigres, pandas, baleines, que nous chérissons. C'est bien plus vaste : il ne peut y avoir de futur sain et prospère pour les hommes sur une planète au climat déstabilisé, aux océans épuisés, au sol dégradé et aux forêts vidées, une planète dépouillée de sa biodiversité."

Malheureusement ce déclin ne semble pas sur le point de s'arrêter, bien au contraire, il ne cesse d'augmenter. En effet, entre 1970 et 2010, il n'était que de -52%.

Même si le constat n'est pas le même d'une zone à l'autre, la cause principale reste la même : la perte des habitats, avec l'agriculture intensive, l'extraction minière, l'urbanisation....entraînant la déforestation, à l'épuisement ou à l'artificialisation des sols. S'ajoutent à cela la surpêche, le braconnage, la pollution, les espèces invasives, les maladies, le dérèglement climatique...

Mondialement, il n'y a que 25% des sols qui n'ont pas été envahis par l'Homme, et selon les scientifiques de l'IPBES (Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques), en 2050 ce ne sera plus que 10%

Le directeur générale du WWF souhaite souligner  :

"La disparition du capital naturel est un problème éthique, elle a aussi des conséquences sur notre développement, nos emplois, et on commence à le voir. On pêche moins qu'il y a 20 ans car le stock diminue. Le rendement de certaines cultures commence à baisser ; en France celui du blé stagne depuis les années 2000. Nous scions la branche sur laquelle nous sommes assis."

Par l'eau, la stabilisation des sols ou encore la pollinisation, la nature nous offre environ 125 milliards de dollars annuels de ressources. Mais chaque année, le "jour du dépassement" avance, ce jour à partir duquel le monde a consommé toutes les ressources que la planète peut renouveler en un an : 1er août pour 2018.

C'est ainsi que le WWF appelle à agir d'ici 2020 : 

"Nous sommes la première génération à avoir une vision claire de la valeur de la nature et de notre impact sur elle. Nous pourrions aussi être la dernière à pouvoir inverser la tendance."

En effet, les Etats seront appelés à réduire les gaz à effet de serre et à s'accorder pour protéger la nature lors d'une conférence spéciale à Pékin : objectif zéro perte nette de biodiversité en 2030

"Nous devons passer urgemment à une société neutre en CO2, renverser la perte de nature - via la finance verte, les énergies propres, une autre production agroalimentaire, restaurer suffisamment de sols et d'océans."

Un combat d'autant plus gratifiant que les efforts peuvent payer vite, comme l'a montré le retour du tigre au Népal, du thon rouge de l'Atlantique ou du saumon de la Loire, réapparus suite au vaste mouvement pour le climat. 

 

 

 

Référence

AFP, (2018). Les populations d'animaux sauvages ont décliné de 60% en 44 ans. Repéré sur Sciences et Avenir.

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