sept. 27

Quelle est la situation des requins et des raies en Méditerranée ?

Vendredi 27 septembre 2019, 17:05 Laurent
Dans son dernier rapport : « Les requins en crise : un appel à l’action pour la Méditerranée » le WWF tire la sonnette d'alarme sur la situation des requins en Méditerranée

Dans son dernier rapport : « Les requins en crise : un appel à l’action pour la Méditerranée » le WWF tire la sonnette d'alarme sur la situation des requins en Méditerranée

En plus d’être polluée, submergée de matière plastique, la mer Méditerranée qui abrite un écosystème marin varié est la cible des industriels. Parmi ses occupants nous trouvons les requins et les raies. Leur situation est préoccupante. Le 14 juillet dernier, le WWF venait de publier un rapport éloquent sur la santé des prédateurs marins de la région. 

Ce document pointe et dénonce la surpêche, la pêche illégale, le commerce illégal ou encore la pollution plastique. Résultat : depuis des décennies la démographie de nombreuses espèces de requins et de raies est décimée, devenant ainsi la plus menacée en méditerranée. 

« Les requins pourraient disparaître de la Méditerranée. Leur déclin rapide est l’indicateur le plus sérieux du mauvais état de santé de la mer et des pratiques de pêche irresponsables. Tous les pays méditerranéens sont responsables. Les requins font partie de notre mer et de notre culture depuis des milliers d’années. Nous devons agir rapidement pour assurer leur survie dans le futur »

, explique Giuseppe Di Carlo, directeur du WWF à l’Initiative Méditerranéenne Marine.

Ce poisson sélacien ingère d’importantes quantités de plastique, finissant par s’étrangler. D'autre part, il est la cible des marchés noirs. Des recherches ADN ont démontré que l’espadon qu’étaient censés ingérer les consommateurs dans leur assiette était en réalité de la viande de requin. Un risque accru pour la santé humaine puisque le taux de concentration du mercure y est particulièrement élevé et dépasse largement les limites légales de sécurité fixées pour certaines espèces de requins.

Mais comme le stipule le document, la surpêche, reste la plus grande menace pour les prédateurs marins. Les pays les plus « gourmands » sont : la Libye (4 260 tonnes) et la Tunisie (4 161 tonnes) devant l’Italie (1 347 tonnes) et de l’Égypte (1 141 tonnes). La plupart des autres prédateurs sont utilisés comme prise accessoire et sont rejetés à la mer avec très peu de chance de survie. Plus de 60 espèces ont été répertoriées dans les chaluts. Dans certaines zones, les requins et les raies représentent plus du tiers des captures totales à la palangre. 

Énormément de requins ou de raies sont capturés par des filets dérivants et illégaux. Notamment les grands requins blancs qui finissent prisonniers de ceux-ci. Les pêcheries artisanales utilisant des filets maillant observent une proportion significative de leurs captures composées de requins et de raies.   

La surpêche perturbe considérablement les populations qui ne parviennent pas à se régénérer. Très vulnérables, les requins ont du mal à se remettre du déclin de leur population. Ils ont tendance à croître lentement, ils arrivent tard à maturité et produisent peu de jeunes après de longues périodes de gestation.

Le rapport conclut en partageant des solutions afin que les pêcheurs et gestionnaires de pêche : évite de pêcher dans les habitats critiques comme les nurseries, utiliser des engins adaptés pour éliminer les prises accessoires. Et, encourage les connaissances des populations de requins et les espèces commercialisées pour renforcer les efforts de conservation afin d'assurer la transparence et la légalité du secteur de la pêche.

Articles similaires