oct. 3

Quand les chauves-souris nous rendent de nombreux services

Jeudi 3 octobre 2019, 19:20 Laurent
Claire Brabant - Chargée de mission "chauves-souris" chez Natagora - nous éclaire sur les différents rôles de ce mammifère essentiel à de nombreux écosystèmes

Claire Brabant - Chargée de mission "chauves-souris" chez Natagora - nous éclaire sur les différents rôles de ce mammifère essentiel à de nombreux écosystèmes

Quand nous pensons aux chauves-souris, on a tous en tête que ces mammifères sont des « suceurs de sang » où encore à Dracula. Comme quoi l’Homme aime se faire peur inutilement. Cet animal est plutôt un grand allié ! En effet, il y a différentes variétés de chauves-souris, mais celles qui vivent sur notre territoire empêchent, en outre, la prolifération d’insectes. Afin d’obtenir plus d’informations sur le sujet, nous avons interrogé Claire Brabant, chargée de mission « chauves-souris » chez Natagora (ONG s’investissant dans la préservation de la nature en Wallonie NDLR).

  Quels rôles jouent-elles dans notre écosystème ?

Pour les chauves-souris en Belgique elles sont toutes insectivores, en une nuit, une chauve-souris peut consommer environ 1/4 de sa masse corporelle, ce qui représente, pour une espèce de taille moyenne pesant 8 g, environ un kilo d’insectes par an. Les chauves-souris rendent ainsi de grands services écosystémiques. En dehors de la Belgique dans les pays tropicaux d’autres espèces de chauves-souris ont un rôle de pollinisateurs alors que certaines sont frugivores et vont disperser des semences un peu partout à travers différents écosystèmes.

Pourquoi faut-il impérativement les protéger ?

Pour les services écosystémiques rendus (régulation des insectes). Ce sont des animaux intéressants : les seuls mammifères à pouvoir vraiment voler, utilisation de l’écholocation, longue longévité pour leur petite taille… Ce sont des espèces menacées, elles sont d’ailleurs toutes protégées par différentes législations. 

Quelles seraient les conséquences si les chauves-souris venaient à disparaître ?

Pour la Belgique certainement une augmentation significative de la population d’insectes (et tout ce qui en découle dommages aux récoltes, maladies transmises par les moustiques…).

Que pouvons-nous faire à notre échelle pour les préserver ?

  • La plantation d’arbres et d’arbustes feuillus indigènes (haies, vergers, hautes tiges, bosquets…) permet de recréer des milieux de chasse favorables à certaines espèces et favorise la biodiversité.
  • De même, la création d’une mare naturelle dans son jardin contribue à l’amélioration de la qualité du milieu pour les chauves-souris.
  • Dans les jardins, la suppression de toute utilisation de pesticides chimiques a une importance considérable. L’impact de l’utilisation domestique de ces produits est trop souvent sous-estimé. Chacun peut, chez lui, à son niveau, contribuer à rendre l’environnement plus sain et accueillant pour la faune sauvage.
  • On peut également aménager chez soi des gîtes pour les chauves-souris, c.-à-d. des endroits calmes, sombres et bien chauds en été, avec des accès spécifiques. Un grenier, un espace entre la toiture et la sous-toiture, un vide derrière un bardage, un vieil arbre dans le jardin, un lierre sur la façade, un vieux tas de bois, un nichoir sont autant de gîtes potentiels pour ces hôtes de marque…

Afin de sensibiliser un large public, l’association organise de nombreux événements toute l’année. L’un des plus importants étant « La nuit européenne des chauves-souris ». Balades nocturnes, animations pour enfants, de films, d’expositions et bien d’autres activités, invite chaque année petits et grands à découvrir les spécificités de ces étranges créatures et leur importance pour le bon fonctionnement de la biodiversité.

Articles similaires