mars 31

Les néonicotinoïdes de nouveau sur la sellette gouvernementale

Samedi 31 mars 2018, 20:48 Julia
Députés et sénateurs veulent une interdiction stricte

Députés et sénateurs veulent une interdiction stricte

Ils veulent une interdiction stricte et une réduction maximale des dérogations sur les néonicotinoïdes avant l'automne prochain : plus de 100 députés et sénateurs se sont unis le 27 mars contre ces pesticides qui font de véritables ravages.

Utilisées en agriculture pour lutter contre les insectes ravageurs mais également en bio médecine - pour fabriquer des médicaments vétérinaires notamment - ces substances sont dites "systémiques", c'est à dire qu'elles pénètrent dans la plante, occasionnant des dégâts sur le système nerveux des insectes tels que les abeilles, qui s'en nourrissent. Et par effet domino, leur extinction... ainsi que celle de nombreux invertébrés aquatiques, en persistant dans l'eau et en s'infiltrant dans les sols. Un véritable désastre écologique pour la faune et la flore. À l'échelle européenne, Bruxelles a déjà interdit depuis 2013 l'utilisation de certaines substances telles que le clothianidine, l'imidaclopride, le thiaméthoxame, utilisées sur les cultures à fleurs. Mais cela n'a pas suffi : d'autres substances encore abondamment utilisées ne faisaient pas partie de l'accord signé avec Bruxelles, a déploré Allain Bougrain-Dubourg, président de la Ligue pour la protection des oiseaux, et une étude toute récente fait état d'un déclin alarmant des oiseaux de campagne.

"La seule ambassadrice qui fait entendre un peu nos voix et éveille nos consciences, pour le moment c'est l'abeille", dit-il. Réunis avec la filière apicole, qu'ils soutiennent, les députés proposent de protéger les abeilles dont la population a été divisée par 3 en quelques années seulement et de tracer le miel vendu en territoire européen... sauf pour les miels mélangés. Or, 75% du miel vendu en Europe est issu d'un mélange. "Il est urgent, répètent-ils, que les consommateurs sachent exactement ce qu'ils mangent". 

La loi sur la biodiversité de 2016 prévoit l'interdiction des néonicotinoïdes en France à partir du 1er septembre 2018, avec des dérogations possibles au cas par cas jusqu'au 1er juillet 2020. 

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