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Les abattoirs volontaires pourront tester la vidéosurveillance

Mardi 29 mai 2018, 16:59 Julie
L'assemblée a voté, et la vidéosurveillance ne sera pas obligatoire dans les abattoirs

La vidéosurveillance n’y sera cependant pas obligatoire

Dans la nuit du 27 au 28 mai 2018, après de vifs échanges entre les différents partis politiques, l'Assemblée a voté le principe d'une expérimentation de la vidéosurveillance dans des abattoirs volontaires pour veiller au bien-être animal, plutôt qu'une obligation d’avoir des caméras.

C'est à main levée que les députés ont voté un amendement au projet de loi agriculture et alimentation en faveur de cette expérimentation de caméras aux postes de saignée et de mise à mort, pour deux ans et avec l'accord des représentants du personnel. Pour le ministre de l'agriculture, Stéphane Travert, cette mesure est un "compromis". Selon lui :

"Aujourd'hui il n'est pas question de mettre des agents derrière des écrans de télé qui ne donnent d'ailleurs pas toute la réalité de ce qu'est la vie d'un abattoir en permanence."

Ces vidéos seront consultables en interne par les services vétérinaires à des fins d'autocontrôle. Stéphane Travert précise :

"Je préfère que les inspecteurs vétérinaires accompagnent et (le cas échéant) sanctionnent plutôt que les installer derrière des écrans vidéos."

L'amendement du député Olivier Falormi, prévoyant une obligation de la vidéosurveillance a sans grande surprise été rejeté. En 2016, il avait présidé la commission d'enquête parlementaire sur les abattoirs, créée après les images chocs d'abattoirs diffusées par l'association L214, montrant des bêtes mal étourdies ou accrochées vivantes. Le député était pourtant parvenu à faire voter par l'Assemblée en janvier 2017 l'obligation de caméras dans les abattoirs, via sa proposition de loi sur le "respect de l'animal en abattoir", qui n'a jamais été définitivement adoptée.

Selon l'association L214 "l'Assemblée conserve l'opacité des abattoirs". Quant au groupe majoritaire LREM :

"Face à des vidéos d'abattoirs isolées mais qui nous heurtent tous, nous défendons une solution équilibrée pour le bien-être animal : formation & sensibilisation plutôt que stigmatisation d'une profession".

En tout cas, le sujet a divisé la plupart des camps, au total, neuf députés LREM ont voté l'amendement Falorni.

Par ailleurs, le projet de loi prévoit le doublement des sanctions en cas de mauvais traitements sur les animaux (un an d'emprisonnement et 15.000 euros d'amende), ainsi que la création d'un nouveau délit visant à réprimer les mauvais traitements envers les animaux commis dans les abattoirs mais aussi dans les transports.

Dans chaque abattoir, une personne responsable de la protection animale devra être désignée et les lanceurs d'alerte parmi le personnel seront protégés, ont voté les députés.

Référence

AFP, (2018). L'Assemblée vote l'expérimentation de la vidéosurveillance pour les abattoirs volontaires. Repéré sur Sciences et avenir.

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