avr. 10

Le bourdon, un pollinisateur hors pair

Mardi 10 avril 2018, 20:47 Julia
Moins célèbre que l'abeille, il est pourtant irremplaçable en culture

Moins célèbre que l'abeille, il est pourtant irremplaçable en culture

2 centimètres et 500 milligrammes : Bombus Terrestrus est deux fois plus grand et quatre fois plus lourd que sa cousine, l'abeille domestique. Protégé par ses poils, disposés en couche épaisse, il est capable de voler même quand le thermomètre frôle les et de faire "vibrer" tous ses muscles pour se tenir au chaud : c'est un pollinisateur des conditions extrêmes

Près d'Avignon, des cartons sont arrivés dans les serres de tomates par centaines, tels de petites boites de chaussures. Dans ces boites, des colonies de bourdons composées chacune d'une reine et d'une centaine d'ouvrières. Dès le lendemain, elles seront prêtes à commencer leur travail : polliniser toute la serre. Nous savons que pour se reproduire, nos végétaux ont besoin du pollen d'autres fleurs, que les bourdons emportent avec eux en butinant. Imaginez la contrainte, si l'homme devait procéder lui-même à cette tâche, fleur après fleur ou plante après plante, par manque d'abeilles, ce qui se fait de plus en plus ressentir... Or, le bourdon, cette star des pollinisateurs à laquelle on pense pourtant si peu, s'en acquitte parfaitement. 

En effet, le bourdon commence à sortir dès 10° le matin tandis que les abeilles, elles, ne le font jamais avant un minimum de 15°. Il supporte le vent, la pluie, et on peut même parfois l'apercevoir sous la neige. Un petit poilu courageux ! Autre avantage, contrairement à l'abeille qui peut voyager très loin le bourdon est plutôt du genre casanier, et garantit ainsi au producteur qui installe une colonie chez lui la pollinisation constante et régulière de ses cultures. Il est également moins agressif que l'abeille domestique, qui aura tendance à piquer pour protéger ses réserves de nourriture pendant l'hiver. Même s'il est capable de piquer, le bourdon préfèrera se mettre sur le dos et sortir son dard pour impressionner s'il se sent vulnérable. 

En 2018, un procédé révolutionnaire a vu le jour grâce à la société Biobest : la ruche "Flying Doctor". Le principe ? En sortant de sa ruche, le bourdon passe par une sorte de plateau sur lequel se trouve un insecticide biologique. Il l'emporte avec lui, et par effet domino, traite ainsi les plantes et fleurs par lesquelles il passe ensuite. Superbourdon n'aide plus seulement les cultures, il les protège maintenant aussi des maladies. Bienfaits pour nous ! 

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