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La réintroduction d'ourses dans les Pyrénées est très controversée

Lundi 8 octobre 2018, 18:11 Julie
L'opération s'est bien déroulée malgré la défiance des éleveurs

L'opération s'est bien déroulée malgré la d1éfiance des éleveurs

Le jeudi 4 octobre 2018, une ourse capturée en Slovénie a été relâchée dans les Pyrénées-Atlantiques, par hélicoptère. Cette opération, qui s'est très bien déroulée n'est pas soutenue par toute la population du Béarn. 

En effet, les éleveurs anti-ours l'ont guettée toute la nuit, bâtons de berger à la main, organisant des barrages en vallée d'Aspe. Olivier Maurin, chef de file des éleveurs béarnais anti-ours, a même annoncé une future battue d'effarouchement

C'est pourtant, le 20 septembre dernier, que la réintroduction des ourses en Pyrénées-Atlantiques, dénoncée par des bergers a été officiellement annoncée par le ministre de la Transition écologique François de Rugy. 

Les opposants sont sur le pied de guerre depuis des semaines, dans la nuit de mercredi 3 à jeudi 4 octobre, ils ont intensifié leurs actions : avec des tracteurs et des ballots de paille, ils ont filtré puis barré la circulation sur les routes de la vallée. Ils ont tenté de repérer et d'arrêter, dans la nuit les véhicules susceptibles, selon eux, de transporter un ours. François de Rugy, s'indigne :

"Les attitudes inacceptables des personnes qui se croient autorisées à faire des barrages sur les routes, à me menacer avec des fusils."

Mais, le maire de Sarrance, où un barrage était présent assure : 

"Moi, j'ai pris un arrêté municipal interdisant aux ours et aux loups d'être sur le territoire de la commune."

Pour un éleveur à Lourdios Ichère, cette réintroduction n'a rien de positif : 

"Cela m'inspire du dégoût et de l’écœurement d'être méprisé comme ça. Maintenant, l'ours, on veut l'enlever par tous les moyens. Les armes, c'est le dernier moyen."

Des panneaux "La guerre est déclarée. La population est déterminée", apparaissent sur les routes. Malgré cela, certains bergers ne voient pas cette réintroduction comme une menace, bien au contraire. Une bergère à Etsaut, se réjouit, même :

"Depuis la nuit des temps, les ours ont toujours été là, on a toujours cohabité. On ne les voit pas et cela ne change rien à notre vie." 

Selon Bison Futé, les barrages ont été levés dans la matinée de jeudi, vendredi matin, une autre ourse slovène a rejoint la première. Les deux plantigrades attendent des petits pour l’année prochaine. François de Rugy a déclaré sur Twitter : 

"Ça y est, elles sont arrivées en toute sécurité ! Bienvenue à Claverina et Sorita qui foulent aujourd’hui pour la première fois les terres béarnaises et redonnent ainsi un avenir à la survie de l’Ours des Pyrénées ! "

Pour éviter les débordements, ce vendredi, un grand nombre de forces de l’ordre avaient été déployées à l'endroit où l'hélicoptère transportant l'animal a décollé. Une sécurité maximum pour permettre aux deux femelles de retrouver Néré et Rodri, les deux mâles déjà présents sur cette partie du massif. 

Les éleveurs de la région n'ont pas dit leur dernier mot et dans ce contexte très sensible, une réunion a eu lieu ce samedi, réunissant les élus du Béarn et des Hautes-Pyrénées.

Référence

AFP, (2018). Une ourse slovène a été relâchée dans le Béarn malgré la défiance des éleveurs. Repéré sur Sciences et Avenir.

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