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avr. 24

La fondation Prince Albert II de Monaco au secours des phoques moines


  • Mardi 24 avril 2018, 17:27
  • Julie
L'Homme est l'une des principales menaces des phoques moines de Méditerrannée

L'Homme est l'une des principales menaces des phoques moines de Méditerranée

Afin de se mobiliser en faveur de la préservation des océans, la principauté de Monaco organise différents évènements. Ateliers de sensibilisation, projections de documentaires ou conférences font partie de la Monaco Ocean Week qui s'est terminée le 14 avril dernier. La mascotte de cette organisation est le phoque moine de Méditerranée, figure emblématique de cette mer, qui est, selon l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN), en voie d'extinction. Il est même un des mammifères les plus menacés de la planète.

Quasiment éradiqué par l'Homme, le phoque moine Monachus Monachus était pourtant très présent, il y a des années de cela, comme le prouve sa présence sur les parois de la grotte Cosquer. Il reste encore quelques colonies aujourd'hui, mais étant très fragilisées, il faut impérativement les protéger. Et c'est le principe même de cette Monaco Ocean Week, qui rassemble des experts mondiaux de l'espèce afin de trouver des solutions à sa préservation.

La concentration majeure de ces colonies se trouve entre la Grèce et la Turquie, avec environ 350 individus, mais aussi en Mauritanie, avec une population estimée à 300 individus et sur la côte atlantique nord-africaine. Une des menaces est liée directement à la génétique, qui est limitée par le manque de connexions entre les quelques membres de ces colonies, diminuant le brassage génétique qui les rend plus vulnérables aux différentes menaces telles que les épidémies.

Les menaces d'origine humaine sont très importantes. L'urbanisation diminue leur habitat, le tourisme de masse perturbe la tranquillité de ces phoques, qui se réfugient dans des grottes, à l'abri de l'Homme, au lieu de venir se reposer et se reproduire sur les plages. Ces abris de fortune restent très dangereux, notamment lors des tempêtes. Reste les nombreux conflits avec les pécheurs, avec qui ils entrent en compétition pour la nourriture. Certains phoques meurent aussi piégés dans des filets de pêche. En résumé, l'Homme fait du bruit, dérange et ne respecte pas les sites de reproduction de ces mammifères, et devient donc son principal ennemi.

Malgré tout cela, le capital sympathie de ces mammifères est en hausse, et ils commencent à être "acceptés", cela grâce aux différentes actions de préservation et de sensibilisation. Ainsi, se sentant moins menacés, ils s'éloignent petit à petit de leurs habitats reculés, nous commençons donc à en apercevoir sur les ports de Grèce et de Turquie, comme il y a 30 ans.

"C'est pour cette raison qu’il faut continuer à travailler avec tous les acteurs de la mer, pêcheurs, opérateurs touristiques, pour démontrer que ces animaux à l’allure sympathique ont un rôle majeur dans l’écosystème méditerranéen et assurer que les nouvelles interactions avec l’homme soient respectueuses", précise Philippe Mondielli, directeur scientifique de la Fondation Prince Albert II de Monaco.

Un projet a vu le jour, sur l'île Gyaros il y a 6 ans, soutenu par la fondation. Cette île, qui abritait une prison militaire était un endroit paradisiaque pour les phoques moines, qui y trouvaient la tranquillité nécessaire à leur développement. Mais aujourd'hui la prison a disparu, et les risques pour cette colonie sont eux, revenus par la même occasion, en laissant libre accès à l'activité humaine. Le projet est donc de faire de cette île une aire marine protégée et la collaboration avec les pêcheurs est indispensable afin de leur montrer que le phoque moine n'est pas un concurrent mais un allié. Ils pourront ainsi bénéficier de l’effet "réserve" de cette aire marine protégée et ainsi augmenter le rendement de leur pêche.

"Protéger le phoque moine à Gyaros comme dans d’autres sites peut être valorisant et économiquement intéressant grâce aux activités touristiques qui peuvent se développer autour de cette espèce, en veillant à respecter des règles de bonne conduite" ajoute Philippe Mondielli.

Le but principal de la fondation Prince Albert II de Monaco est donc que le phoque moine redevienne "une espèce présente et respectée sur toutes les côtes méditerranéennes et nord atlantique".

Source : Sciences et avenir

 

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