sept. 22

Delhi : les éléphants des rues confisqués

Samedi 22 septembre 2018, 20:06 Julie
Les autorités ont ordonné la confiscation des éléphants des rues

Les autorités ont ordonné la confiscation des éléphants des rues

Il y a 50 ans, Delhi comptait plus de 200 éléphants, particulièrement prisés pour les processions de mariage ou dans les temples hindous, où les fidèles viennent chercher des bénédictions auprès d'eux. Mais aujourd'hui, la mégalopole indienne de 20 millions d'habitants est devenue un environnement encore moins vivable pour un éléphant qu'un humain

Après des années de pressions de la part de défenseurs des animaux, qui accusent les propriétaires de ces pachydermes de les maltraiter en les gardant dans cette mégapole polluée, les autorités de Delhi ont ordonné que ces animaux leur soient confisqués. Mais, selon un haut responsable du département forestier : 

"Ils sont tenus à l'écart de leur milieu naturel. Et le manque de nourriture, d'eau, d'abri et de soins vétérinaires, tout cela est susceptible de les exposer aux maladies."

Cette décision de l’État a suscité la colère de beaucoup d'habitants, habitués à vivre aux côtés de ces géants. Mukesh Yadav, qui s'occupe d'éléphants depuis son enfance, raconte avec nostalgie :

"Avant, les gens avaient un véritable amour pour les éléphants. Un seul village pouvait avoir jusqu'à 20 éléphants. Nous les emmenions brouter dans les champs et se promener librement dans la jungle. Nous les présentions fièrement aux mariages et fêtes. Et maintenant le gouvernement vient nous voir en clamant qu'ils sont sa propriété ?"

Pour Mehboob Ali, propriétaire d'un éléphant, la domestication d'éléphants est une tradition ancienne : 

"Ma famille garde des éléphants depuis six générations. Ils sont comme des membres de notre famille et ont été à nos côtés dans les bons et mauvais moments. Nous ne pouvons pas vivre les uns sans les autres."

Pour les militants écologistes, l'invocation de l'héritage culturel et des traditions sert surtout à dissimuler l'exploitation commerciale de ces pauvres animaux, surtout lors de la saison des mariages. Le cofondateur de Wildlife SOS appelle à mettre fin aux déplorables conditions de vie des éléphants des rues de Delhi :

"Si les gens savaient les méthodes brutales utilisées pour capturer, domestiquer et amener ces éléphants à la ville, ils ne voudraient plus jamais les voir ici. Que choisiriez-vous : la joie de voir un éléphant se rouler dans la boue et parcourant les jungles ou voir une créature martyrisée et captive dans les rues de Delhi à l'extérieur d'un temple ou d'un cirque ?"

Mais le problème qui se pose, est de savoir où mettre les éléphants domestiqués, une fois confisqués, car ils ne peuvent être remis dans la nature. 

 Les responsables espèrent parvenir à un compromis comme celui récemment trouvé pour une éléphante, placée dans la propriété de luxe d'un riche homme d'affaires en périphérie de Delhi : elle possède sa propre mare de boue et un abri avec ventilateurs et brumisateurs. Une vie de luxe, comparé à ses congénères qui, eux, doivent se laver dans la Yamuna, le fleuve qui borde Delhi et qui est l'un des plus sales de la planète.

Référence

AFP, (2018). Les éléphants confisqués par les autorités dans les rues de Delhi.

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